Un salarié sur deux affirme ne pas savoir où trouver l’information nécessaire pour accomplir ses tâches, selon une étude de l’APEC réalisée en 2023. Dans la majorité des organisations, la circulation des savoirs reste fragmentée, malgré l’accumulation des outils numériques censés la faciliter.
Les performances ne se jouent pas uniquement sur la somme des compétences individuelles. Ce qui fait la différence, c’est la capacité d’une équipe à transmettre, à partager, à capitaliser sur l’expérience collective. Là où le partage des connaissances est négligé, les erreurs se multiplient, la rotation du personnel s’accélère, et les budgets de formation grimpent en flèche.
Pourquoi le partage des connaissances façonne la performance collective
Rassembler des experts ne suffit plus à garantir la réussite d’une entreprise. Ce qui prime désormais, c’est la faculté de connecter les talents, de faire circuler l’intelligence et de maintenir une gestion des connaissances dynamique. Un partage fluide des savoirs accroît l’agilité, accélère la montée en compétences et fait jaillir les idées nouvelles. Lorsqu’un salarié peut accéder facilement aux retours d’expérience de ses pairs, il bénéficie des réussites, mais aussi des tâtonnements collectifs. Cette approche alimente l’apprentissage organisationnel et tire tout le monde vers le haut.
Le partage des connaissances déborde largement du cadre formel de la documentation. Il se déploie lors de conversations informelles, de séances de mentorat, d’ateliers de co-développement. Outils de knowledge management, groupes affinitaires, retours d’expérience : tous ces dispositifs permettent d’échanger bien plus que des procédures,ils rendent visibles ces savoirs discrets qui nourrissent la performance collective.
La statistique de l’APEC sur la difficulté d’accès à l’information doit alerter : la démotivation, les erreurs répétées et l’érosion de la compétitivité guettent là où le savoir circule mal. À l’inverse, fédérer l’expertise au service du groupe resserre les liens et donne du sens à l’action quotidienne.
Trois bénéfices du partage des connaissances structurent la vie d’équipe :
- Transmission des savoirs : socle de la cohésion et de la continuité collective.
- Développement des compétences : catalyseur de progression interne accélérée.
- Culture du partage : élan créatif et capacité d’adaptation renouvelée.
Renforcer la place du collectif devient vital pour affronter la complexité croissante des métiers et l’imprévisibilité environnementale.
Quels obstacles freinent la circulation des savoirs en entreprise ?
La circulation des savoirs se heurte à des barrières bien réelles, souvent plus profondes qu’il n’y paraît. La culture d’entreprise maintient parfois la rivalité interne comme règle de fonctionnement : dans ce contexte, l’information se transforme en atout concurrentiel, jalousement gardé. Certains freinent le transfert de leurs expertises, redoutant d’en perdre le contrôle ou d’affaiblir leur position.
La communication interne souffre, elle aussi, d’une fragmentation héritée : silos, hiérarchie figée, canaux de dialogue peu ouverts. Le facteur temps, invoqué par la moitié des collaborateurs selon l’APEC, relègue la transmission des savoirs loin derrière la pression du quotidien.
Du côté des solutions digitales, trop d’outils mal coordonnés dispersent l’information et créent de la confusion. Un intranet vieillot, des plateformes sous-exploitées ou l’absence de règles partagées finissent par brouiller l’accès à ce qui compte. Lorsque la prise de décision reste aux mains de quelques-uns, l’innovation collective s’essouffle et la voix du terrain disparaît dans le silence des process.
Pour mieux saisir les freins courant, retenons les points suivants :
- Climat de défiance : la confiance s’effrite, l’ouverture s’amoindrit.
- Fragmentation de l’organisation : les liens transversaux faiblissent.
- Outils numériques sous-employés : l’information s’égare.
- Pénurie de temps : l’urgence étouffe le partage.
L’enjeu ? Créer les conditions propices où le partage prend racine, pour que chacun devienne contributeur de l’apprentissage collectif.
Des conseils concrets pour encourager l’échange et la transmission au quotidien
Réussir un transfert de compétences passe d’abord par la qualité des relations humaines. La transmission des savoirs s’appuie sur l’attention portée à l’autre, la disponibilité et la bienveillance. Les méthodes structurantes ont leur utilité, mais rien ne remplace une confiance installée au fil du temps.
Libérer des moments dédiés à l’échange favorise un partage sincère : séances collaboratives, groupes de pratiques, débriefings après projet. Bien souvent, c’est l’initiative venue du terrain qui porte ces dynamiques, et c’est précisément là que l’apprentissage s’ancre de manière durable. Diversifier les profils au sein des équipes fait émerger des solutions neuves et des manières inédites de résoudre les difficultés.
Le rôle du management s’avère décisif. Valoriser la transmission comme un acte professionnel à part entière, récompenser l’initiative, faire figurer le partage parmi les objectifs réguliers : autant de leviers puissants pour faire bouger les lignes. Parfois, il suffit d’un signe de reconnaissance pour établir une dynamique porteuse.
Voici quelques pratiques concrètes qui encouragent véritablement le partage au quotidien :
- Mettre en place le parrainage des nouveaux arrivants, pour accélérer leur apprentissage opérationnel.
- Rédiger et actualiser des modes d’emploi, checklists ou boîtes à outils, en accès partagé, pour normaliser l’accès aux savoirs-clés.
- Soutenir la formation continue en travaillant les capacités d’écoute, le goût de l’entraide et l’art de transmettre.
L’action sur la communication interne renforce la fluidité : des échanges ouverts, la diffusion rapide d’informations utiles, un dialogue authentique induisent la confiance et dopent l’efficacité globale.
Systèmes et outils : comment choisir la solution adaptée à vos besoins internes
Le choix d’un outil de partage des connaissances n’est jamais neutre. Plateforme spécialisée ou solution de gestion des connaissances intégrée ? Chaque organisation doit trancher selon ses priorités, ses méthodes de travail, ses contraintes. L’outil doit réellement servir la stratégie collective.
Privilégiez des solutions qui simplifient l’accès à l’information, facilitent les échanges, s’interfacent harmonieusement avec les environnements déjà en place. Une navigation intuitive, une recherche rapide, de multiples formats de contenu permettent de passer d’une simple base technique à une ressource vivante pour le développement des compétences.
La question de la gestion des talents se pose aussi : cartographier les expertises et connecter les individus pertinents. Certains logiciels automatisent cet inventaire, d’autres favorisent le partage et l’entraide spontanée. Avant tout, il s’agit de cerner réellement les attentes en interne, et d’observer les usages pour déclencher l’adhésion nécessaire à une diffusion large.
Gardez en mémoire plusieurs critères clés au moment d’adopter une solution :
- Favoriser l’intégration avec les outils déjà en circulation afin d’éviter la dispersion des ressources.
- Garantir la sécurité des accès et une gestion maîtrisée des droits.
- Prévoir des marges de personnalisation : chaque métier, chaque équipe a ses spécificités.
L’adoption d’un projet de knowledge management va bien au-delà du logiciel installé. Ce sont l’accompagnement humain, l’écoute, la reconnaissance des acteurs pionniers qui entraînent la transformation réelle. La technologie prolonge l’action humaine et, parfois, dévoile des chemins de progrès jusqu’alors invisibles.


