La plateforme infos-discriminations.fr n’existe pas en tant que telle. Le site de référence pour signaler une discrimination en France s’appelle antidiscriminations.fr, géré par le Défenseur des droits. Cette confusion fréquente dans les recherches en ligne mérite d’être levée, car elle peut retarder l’accès à un accompagnement juridique gratuit pour les jeunes victimes.
Antidiscriminations.fr : la plateforme officielle du Défenseur des droits
Le Défenseur des droits met à disposition la plateforme antidiscriminations.fr, accessible par tchat ou par téléphone au 39 28. Ce dispositif permet à toute personne, y compris les mineurs, d’échanger directement avec un juriste spécialisé.
Le service ne se limite pas à de l’information générale. Les juristes évaluent la situation décrite, qualifient juridiquement les faits et orientent vers les démarches adaptées : signalement, médiation, saisine du Défenseur des droits ou dépôt de plainte.
Pour les jeunes, l’intérêt principal réside dans la gratuité et l’anonymat du premier contact. Pas besoin de se déplacer, pas besoin de connaître les textes de loi. Le tchat en ligne réduit la barrière d’entrée pour des publics qui renoncent souvent à agir faute de savoir par où commencer.

Critères de discrimination reconnus par la loi française
Le Code pénal (articles 225-1 et 225-2) et le Code du travail (article L.1132-1) listent plus d’une vingtaine de critères de discrimination interdits. Parmi eux figurent l’origine, le sexe, l’orientation sexuelle, le handicap, l’apparence physique, le lieu de résidence ou encore la religion.
Un critère souvent méconnu des jeunes : l’identité de genre, reconnue comme motif de discrimination prohibé. Ce point concerne directement les jeunes transgenres, confrontés à des refus d’embauche ou à des traitements différenciés à l’école et dans l’accès aux soins.
Pour qu’un fait soit juridiquement qualifié de discrimination, trois éléments doivent être réunis :
- Un traitement défavorable (refus, exclusion, distinction) subi par une personne dans un domaine couvert par la loi (emploi, logement, éducation, accès à un service)
- Un lien direct entre ce traitement et l’un des critères protégés par le Code pénal ou le Code du travail
- L’absence de justification légale au traitement différencié (certaines exceptions existent, notamment pour des exigences professionnelles essentielles)
Sans ces trois éléments combinés, un comportement peut être injuste sans constituer une discrimination au sens juridique. Cette distinction est utile avant d’engager une démarche.
Jeunes et discriminations à l’emploi : des données récentes du Défenseur des droits
L’accès à l’emploi reste le domaine où les discriminations sont le plus fortement ressenties, selon les travaux récents du Défenseur des droits. Les jeunes queer et racisés apparaissent particulièrement exposés.
Les personnes perçues comme noires, arabes ou maghrébines présentent un risque nettement plus élevé de rapporter une discrimination que les personnes perçues comme blanches, une tendance en hausse par rapport aux données de 2016. Cette surexposition ne se limite pas à l’embauche : elle se manifeste aussi dans l’accès au stage, au logement et aux loisirs.
Un quart des jeunes de 15 à 26 ans immigrés, descendants d’immigrés ou nés en outre-mer déclarent avoir subi une discrimination liée à l’origine ou à la couleur de peau au cours des cinq dernières années. Ce chiffre, issu du Défenseur des droits, illustre l’ampleur du phénomène dans la tranche d’âge la plus concernée.
Plans nationaux 2026-2029 : ce qui change concrètement pour les jeunes
Depuis juillet 2026, deux plans nationaux structurent la politique française de lutte contre les discriminations :
- Le PRADO (Plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine) 2026-2029, qui prévoit des actions dans l’école, l’université et l’emploi
- Le Plan national pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBTI+ 2026-2029, axé sur la protection des jeunes queer dans les établissements scolaires et l’enseignement supérieur
Ces deux plans partagent un objectif commun : mieux documenter les discriminations vécues par les jeunes et renforcer les recours. En pratique, cela passe par un meilleur maillage des dispositifs d’accompagnement dans les structures Info Jeunes et les universités.
Le volet scolaire mérite attention. Les propos et comportements haineux envers les jeunes perçus comme juifs ou musulmans sont en hausse à l’école comme à l’université. Les plans prévoient des protocoles de signalement renforcés et des formations pour les équipes éducatives.

Démarches concrètes pour un jeune victime de discrimination
Le premier réflexe utile consiste à conserver des preuves : captures d’écran, courriels, témoignages écrits, enregistrements si la loi le permet. En matière de discrimination, la charge de la preuve est aménagée devant le juge civil : la victime présente des éléments laissant supposer une discrimination, et c’est à la partie adverse de prouver que sa décision reposait sur des motifs légitimes.
Trois voies d’action s’offrent ensuite. Contacter le 39 28 ou le tchat d’antidiscriminations.fr pour un premier avis juridique gratuit. Saisir directement le Défenseur des droits via son formulaire en ligne. Déposer une plainte auprès de la police ou de la gendarmerie si les faits relèvent du pénal (injures, refus de service, harcèlement discriminatoire).
Ces démarches ne s’excluent pas. Un signalement au Défenseur des droits peut coexister avec une procédure pénale. Le Défenseur des droits dispose d’un pouvoir d’enquête propre et peut formuler des recommandations contraignantes à l’égard d’un employeur ou d’un bailleur.
Le site antidiscriminations.fr reste le point d’entrée le plus accessible pour les jeunes qui hésitent à formaliser une démarche. Le tchat avec un juriste permet de poser des questions sans engagement, de comprendre si la situation relève effectivement d’une discrimination, et de décider ensuite en connaissance de cause.

